

La police avait été appelée au domicile du Bailleulois pour un différend familial, l'épouse leur déclarant que son mari était ivre et avait tout cassé dans la cuisine avant de rouer de coups le père de cette épouse et voisin du couple qui est cardiaque et souffre d'un cancer.
Les policiers apprendront aussi que cet homme avait porté un coup de tête à sa belle-fille, âgée de 16 ans, qu'il élève comme si elle était sa propre fille depuis qu'elle est bébé.
À l'audience, le tableau de famille s'est compliqué. On y a appris que l'épouse regrette que son mari ait été éloigné depuis de son domicile, car elle a été opérée une première fois, va l'être à nouveau et aurait bien besoin de sa présence à la maison.
Quant au père de la dame, il est décrit comme alcoolique ayant battu ses enfants et se mêlant de tout dans le couple. Depuis, la dame a déclaré avoir édifié un mur haut de deux mètres entre chez elle et le domicile de son père pour couper les contacts !
Ajoutez à cela la belle-fille qui considère son beau-père comme son père car il s'occupe d'elle depuis qu'elle est toute petite : elle veut retirer sa plainte et préfère cet homme à son propre père, même si les rapports familiaux ne sont pas simples puisque les parents ont dû aller la récupérer récemment au commissariat de Béthune.
Quant au prévenu, dépressif et en arrêt de travail depuis dix mois, il a déjà fait quatre tentatives de suicide, buvant trop à l'occasion, ce qui constitue un mélange détonant avec ses médicaments.
Il ne se souvient pas d'avoir fait ce qui lui est reproché, car il avait un taux d'alcoolémie voisin de 2 g le 16 juin, mais il veut bien le croire car il fait confiance à son épouse. Il regrette et il est allé de lui-même à nouveau à l'EPSM (établissement public de santé mentale) de Bailleul pour se faire soigner.
La représentante du parquet a qualifié les violences d'inadmissibles en demandant au tribunal d'apporter à cet homme un « signal fort » et a requis une peine de quatre mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve de deux ans assortis d'une obligation de soins. C'est cette même peine que le tribunal a prononcée.
C. T.
Soyez le premier à donner votre avis