

PAR FRANÇOISE TOURBE
region@lavoixdunord.fr REPRO « LA VOIX »
Ça y est ? Tout le monde y est allé de sa petite plaisanterie scatologique ? On peut parler de choses sérieuses ? Or donc... Le cancer colorectal est, en nombre de cas, le troisième après les cancers du sein et de la prostate. Il est responsable de 16 300 morts chaque année au niveau national, dont 450 pour le seul Pas-de-Calais.
Comme pour la plupart des autres cancers (et des maladies cardio-vasculaires !) le Pas-de-Calais compte parmi les « champions de France », ainsi que le souligne Hervé Poher, vice-président du conseil général du Pas-de-Calais et membre de l'association Opaline 62. Triste record qui se traduit par une surmortalité de 20 %... Pourquoi meurt-on plus de cancer colorectal dans le Pas-de-Calais qu'ailleurs ? En grande partie parce que l'on va consulter trop tard, à un stade où les lésions sont déjà bien développées et donc les chances de guérison amoindries d'autant.
Or, il faut savoir que le cancer colorectal peut être tout simplement évité si on réussit à repérer les polypes (petites excroissances de chair) sur la paroi interne de l'intestin avant qu'ils ne virent au cancer (ils le font en une dizaine d'années environ). Et il existe un moyen tout simple de les détecter : la présence de sang dans les selles.
Le test Hémoccult va donc être distribué aux 1 440 médecins généralistes du Pas-de-Calais. À charge pour eux de le remettre à leurs patients âgés de 50 à 74 ans lorsqu'ils viendront les consulter, munis de l'invitation envoyée par Opaline 62, et de leur expliquer comment faire.
Pourquoi avoir fait des médecins traitants le fer de lance de cette campagne de dépistage ? Parce que le Pas-de-Calais bénéficie de l'expérience du Nord, département pilote dans le dépistage du cancer colorectal depuis plusieurs années, qui a montré que le relais des pharmaciens était moins efficace.
Toujours est-il qu'une fois le test réalisé, tranquillement, chez soi, il suffira de l'expédier dans une enveloppe T (envoi gratuit) au centre de lecture : l'institut Pasteur de Lille. La réponse sera envoyée dans la semaine qui suit. Et là... Soit le test est négatif (97 % à 98 % des cas) et on est tranquille pour deux ans. Soit le test est positif (2 % à 3 % des cas) et il faudra procéder à une coloscopie.
La présence de sang dans les selles ne signifie d'ailleurs pas forcément que l'on a un cancer. La coloscopie permet, en cas de simples polypes, de les supprimer en même temps que le risque de les voir dégénérer.
« La difficulté que nous risquons de rencontrer, avec ce test, c'est que nous allons inviter des gens bien portants à aller vérifier si, par hasard, ils n'auraient pas un problème... Évidemment, ils n'en auront pas très envie. Pourtant, il faut qu'ils y aillent, insiste Mohamed Abdelatif, le président d'Opaline 62. C'est seulement si un maximum de personnes réalisent le test que nous réussirons à faire baisser de manière significative la surmortalité liée au cancer colorectal. »
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