

hazebrouck@lavoixdunord.fr Sur l'immense tapis vert de l'EPSM, une porte rouge reste close jusqu'à 15 h 30. Symboliquement, Jean-Jacques Montagne, directeur, et Jean-Pierre Vandevoorde, président, ouvrent cette porte, passerelle entre la psychiatrie et la culture. Près de deux cents personnes suivent, direction les expositions disséminées sur les trente-cinq hectares de ce site chargé d'histoire, où des milliers de patients ont été soignés depuis 1863.
L'inauguration de la quatrième semaine Art et Psychiatrie, hier, s'est faite dans le droit fil du thème retenu cette année,Dedans, dehors. Tantôt dans les bâtiments, tantôt à l'extérieur, les curieux ont découvert l'étonnant travail des artistes, des patients et du personnel soignant, réunis autour de projets sans frontières, ni préjugés. « Cette manifestation s'inscrit dans la continuité de la politique générale de la psychiatrie, commente Dominique Ver-hoest, directrice adjointe de l'EPSM, instigatrice de cette semaine mêlant artistes et patients dès 2005. Les structures psychiatriques s'installent dans les villes, les cités. Elles s'engagent aussi dans des politiques culturelles. Notre but, c'est de changer les représentations, de faire venir le public et de montrer ce que l'on fait. » Jusqu'à dimanche, les curieux pourront découvrir des expositions touchantes, des oeuvres marquantes et des spectacles décapants (lire le programme ci-contre). Dans le hall du bâtiment principal, les tableaux de Florence Lowenbach sur le thème de la jungle, offerts en 2004, se fondent dans la Forêt vierge réalisée par des artistes, des patients et le personnel des espaces verts de l'EPSM.
Plus loin, dans un couloir, la noirceur des propos d'une patiente photographiée (« Je suis morte, je déprime, je ne suis pas là ») contrastent avec le travail tout en couleurs d'Eve Lagarde, qui collabore avec l'EPSM depuis quatre ans. Ses peintures se prolongent sur les murs, les façades et les sols sous forme de fils conducteurs. « Mon message, en sortant les couleurs du tableau, c'est qu'il faut faire sortir les oeuvres. L'art doit être diffusé partout et ne pas être réservé à une élite. » La culture s'exporte et la pensée taraude encore le visiteur quand il dissèque le travail du centre Reine-Fabiola, dont l'exposition La Tête dans les nuages livre des images et des messages inattendus. Avec des textes magnifiques, comme ces deux lignes sous le cliché d'un ciel orageux laissant entrevoir une éclaircie : « J'ai peur pour ma santé mentale, serais-je trop sentimental ? ». •
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