

Girafes et zèbres semblent faire bon ménage. Tous, ainsi que les autruches, appartiennent à des espèces vivant dans l'Est de l'Afrique. : La Voix du Nord PAR HÉLÈNE HARBONNIER
hazebrouck@lavoixdunord.fr PHOTOS JEAN-CHARLES BAYON
Un troupeau. La meute bruissante des journalistes et invités VIP du parc d'attractions yprois pénètre au coeur de La Savanne, au milieu des enclos. Sur le sol sablonneux, les couleurs de l'Afrique aux yeux et la bande sonore en fond, les photographes sont en chasse, mais aucun animal ne montre le bout de son museau. Il faut pour l'heure glisser un oeil entre les barreaux pour entrevoir les girafes, zèbres et autruches tout récemment installés dans leurs nouveaux quartiers.
Mais 800 000 E investis, six mois de travaux, ce n'est pas rien. Alors Zuri, le girafon mâle, décide de faire un effort. Sur l'objectif d'un photographe intrusif, il colle ses lèvres curieuses. Après quelques mois passés aux Pays-Bas pour permettre la réfection de son espace devenu trop petit, il déroule désormais son long cou dans un enclos de 7 m de haut et 285 m², en compagnie de deux femelles placides.
Et puis il y a les copains, ces jeunes zèbres de Burchell qui, débarqués il y a une semaine et demie, ne sont pas encore en veine de cavalcade. Les quatre mâles, qui seront rejoints par un cinquième compère le 15 juillet, semblent déconcertés par les appareils photo et se pelotonnent dans l'un des six boxes que comprend leur enclos de 72 m². Pas aussi craintifs pourtant que les trois autruches arrivées mercredi, dont la tête farouche se cache derrière une toile protectrice. S'il est vrai qu'elles peuvent atteindre les 56 km/h, on ne les aura pas vues à l'oeuvre jeudi. Peut-être que ces deux balourds d'éléphants, dont le nouveau bassin d'une capacité de 40 000 litres est à quelques mètres, ne leur inspirent pas confiance... Le soir tombe sur la savane. Les humains s'attardent. Dans l'attente. Soudain, mâle dominant, Yves Leterme entre en scène. Arpente les cimes jusqu'au mirador de 6 m de haut, d'une capacité de 150 personnes, d'où l'on peut surplomber le ballet des animaux. Dans un déluge de pétards, zèbres et girafes s'élancent alors, dans une courte parade, accordant aux deux-pattes le souvenir de leur grâce sauvage. Les autruches restent au chaud. Premier ministre ou pas, inauguration ou autre, elles n'ont pas envie de se montrer. Point.
Plus tard dans la soirée, le flot humain écoulé, Zuri et ses copines s'offrent un festin de branchages. Nos zèbres s'aventurent, sous l'oeil discret d'un photographe esseulé. Le calme est retombé sur la savane. Toujours sans les autruches. Prudence est mère de sûreté. Et on ne contrarie pas une autruche.
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