

Jolie fin de carrière en octobre2007, à Steenvoorde.PH. ARCHIVES : La Voix du Nord PAR VIRGINIE DUBOIS
hazebrouck@lavoixdunord.fr Comment vivez-vous votre premier Tour comme observateur ?
« Après dix Tours en tant que coureur, c'est un peu une découverte. Le Tour de France dans les coulisses, ça n'a rien à voir. C'est une belle expérience. Il y a plein de choses que je ne voyais pas : la caravane de pub, les cars VIP, tous les médias, les journalistes dans la salle de presse qui vibrent, tout ça, c'est une découverte pour moi. Je vois aussi toute l'émotion que les gens peuvent ressentir à l'arrivée, toute la ferveur. Les spectateurs qui nous attendent là depuis trois, quatre, cinq heures. Je découvre ce qu'est réellement le Tour de France, le spectacle, ce qu'il se passe tout autour de la course. On voit que c'est une ville qui se déplace tous les jours. On n'imagine pas toutes les difficultés rencontrées par les suiveurs, ni tous les agents de sécurité qui jalonnent le parcours le fait d'avoir des règles de fonctionnement et de circulation... Quand on est coureur, on est dans un bus, on arrive et on a qu'une chose à faire : prendre le vélo et pédaler. Puis on repart dans le bus. Je ne vivrais pas dix Tours en tant que suiveur. Mais je suis ravi, c'est très riche. » Votre quotidien sur le Tour ?
« Quand on est coureur, on est fatigué, mais là aussi ! Être suiveur, c'est le stress ! Il faut atteindre le lieu d'arrivée avant les coureurs. Au quotidien, on essaye d'équiper tous les jours entre quatre et huit coureurs de cardiofréquencemètres. On peut suivre leur fréquence cardiaque en direct sur le site Internet du Tour. Le jour où Samuel Dumoulin a gagné une étape, il était équipé. Et on a encore la possibilité, d'ici à Paris, d'équiper un futur vainqueur d'étape. » Rencontrez-vous certains de vos fans sur le Tour ?
« J'en vois quelques-uns. J'ai rencontré des Nordistes en vacances ici. Mais le problème du Tour, c'est que c'est toujours un peu frustrant. Car je suis pris par le temps et je n'ai pas l'occasion de parler avec eux. Une chose de similaire entre le coureur et le suiveur, c'est ça : on n'a pas de temps. » À ce jour, le classement général du Tour vous surprend-il ?
« Non, je ne suis pas surpris, je pense que le cyclisme a changé. Il n'y a pas un coureur qui domine. Il y a encore beaucoup d'incertitudes. Malgré les affaires de dopage qui ont encore secoué le Tour depuis le début, je pense que le coureur qui va gagner aujourd'hui aura probablement un certificat d'authenticité. Les contrôles, c'est contraignant. Mais, à la différence des années précédentes, je pense que l'on va pouvoir utiliser le vainqueur du Tour comme porte-drapeau du cyclisme mondial. » Et le cyclisme à Steenvoorde ? Des projets après la dernière Gentleman C.-Vasseur en 2007 ?
« On a des idées. Mais je pense qu'il faut laisser passer un an de transition. On en discute un peu avec la municipalité. L'avantage de mon poste (président de l'Association des coureurs professionnels), c'est que je suis toujours en contact avec des coureurs pour en faire venir à Steenvoorde. » Et vous, du vélo, vous en faites toujours beaucoup ?
« J'en fais un peu, quand j'ai l'occasion, chez moi. Courir ne me manque pas, mais j'ai toujours beaucoup de plaisir à faire du vélo : je me promène avec ma petite famille. Mon petit garçon, qui a 6 ans et demi, se débrouille bien ! Il aime le football aussi. La vie d'un footballeur est moins stressante que celle d'un coureur cycliste. S'il veut être footballeur, je n'irai pas contre sa volonté ! »
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