Guillaume Allonin, vous êtes gérant d’un Marché Plus à Nantes. Qui sont les clients du matin ?
Ce sont pratiquement toujours des habitués. Dès l’ouverture, à 7 h du matin, les gens qui vivent dans la rue arrivent. Ils viennent acheter des boissons alcoolisées. Mais jusqu’à 8 h, on a aussi des ouvriers, qui embauchent tôt. Après viennent les gens qui travaillent dans les services : les employés de la mairie, les éboueurs. Ils vont chercher leur déjeuner à l’avance. Puis il y a les anciens du quartier, qui viennent acheter leur pain et leur journal.
Quels types de produits achètent les gens ?
Hormis la bière et le vin pour les SDF, les gens achètent surtout de quoi grignoter. Nous sommes un magasin de proximité, les gens achètent donc des produits qu’ils vont consommer dans la journée : pour le déjeuner du midi, ce sera des sandwiches ou des produits traiteur, des salades, par exemple. Il y a aussi des gens qui prévoient pour leur pause de 10 h : comme les femmes, qui achètent un paquet de gâteaux « Taillefine » avec une bouteille d’eau !
Est-ce rentable d’ouvrir si tôt le matin ?
Du moins cela ne nous fait pas perdre d’argent, car on n’est pas nombreux à travailler dès 7 h : une hôtesse de caisse, un responsable et moi, le gérant. Mais ce n’est pas là qu’on fait le gros du chiffre d’affaires. Il n’y a pas grand monde, cela reste anecdotique. En plus, la moyenne d’un panier dans notre magasin est de 8 € : le matin, on n’est pas à ce montant-là. Il faut plus le voir comme un service : c’est dans la politique du Marché Plus d’ouvrir tôt. De toute façon, on commence à préparer le magasin, alors autant ouvrir !